VERNON & LOUISE
CardioDrames Poétiques
Teaser de l'exposition

Vernon est un mannequin d’artiste centenaire,
articulé par le marionnettiste Romain Landat.
Louise est une femme ordinaire
qui joue à vivre et revivre son rapport à l’amour,
à l’attachement, à la sexualité,
à l’absence, à la mort.
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Dans ce jeu de faire semblant,
Renelle M. explore le rapport à l’Autre,
mettant en scène traumatismes et fantasmes,
poussant l’objectification de la relation à l’extrême.
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Devant et derrière l’objectif,
elle questionne sa part d’intimité,
faisant naturellement, violemment, sublimement
écho à la nôtre.
INTENTION
Parce que l’Autre mort, l’Autre disparu, celui que l’on ne peut plus toucher existe toujours.
Parce que l’Autre attendu, fantasmé, désiré, existe déjà.
Parce que, enfant, nous jouons à vivre, à aimer, avec des objets, des poupées et que cela nous permet de raconter des histoires que l’on imagine vivre ou que l’on tente d’oublier.
Parce que, parfois, dans le regard de l’Autre, nous sommes des choses.
Parce que nous projetons, nous imaginons, nous jouons avec les réalités.
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Avec saisissement et tendresse, j’ai récemment découvert les poupées reborn et les love dolls, ou plutôt la charge émotionnelle incroyable qui s’y rattache. Cette quête de l’humain et de son contact pour répondre à l’absence d’un deuil ou d’une relation qui n’arrive jamais m’a semblé si commune tout en étant, avec l’utilisation de ces mannequins, merveilleusement étrange.
J’ai alors voulu explorer cette étrangeté, cette dimension surréaliste de l’attachement sublimée à l’objet, qui fait figure de sujet et qui peut amener trouble, gêne, voyeurisme.
En devenant Louise, je suis, moi aussi, à la fois le sujet et l’objet de cette création.
Je rejoue mon rapport à la mort, à l’amour, à la sexualité, à la nudité, à mes traumatismes, à mes fantasmes et je sais qu’ils résonnent en chacun.
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Vernon est vivant dans les yeux de Louise.
Et dans les vôtres, parfois.
Louise est vivante dans des bras de bois, de chair ou de vent.
Ils jouent des histoires humaines.
Ils jouent vos histoires.
N’ayez pas peur de les regarder.
Je voulais écrire, pour le spectacle vivant, un récital sur la mort.
En recherche d’une poupée grandeur nature ou d’un pantin, j’étais alors tombée sur l’annonce de ce mannequin d’artiste qu’un particulier vendait à Toulouse.
Sa ressemblance avec Boris Vian me fit l’appeler Vernon, en hommage au pseudo qu’il s’était choisi pour publier « J’irai cracher sur vos tombes ».
Immédiatement, presque frénétiquement, dans les heures qui ont suivi, je me suis photographiée avec lui. Ou, pour être plus exacte, je me suis filmée avec lui, mimant des scènes de la vie quotidienne.
De ces films, je tirais des images que j’avais initialement appelées photogrammes.
Cette expérience me traversait avec la plus grande simplicité des jeux d’imitation de l’enfance, ces jeux de faire-semblant qui n’appartiennent qu’à celui ou celle qui y joue et cette expérience, je voulais tout autant la vivre que la documenter.
Je ne voulais pas être photographiée, jouant avec Vernon, par un tiers. Je m’intéressais à la photographie depuis peu de temps, développant peu à peu mes aptitudes en autodidacte.
J’ai alors choisi de m’équiper d’une télécommande qui déclenche des prises de vue répétitives à distance. Ainsi, je choisis de quelle manière je vais capter le moment que j’incarne avec Vernon puis, je prends le rôle de Louise. Mon oeil s’efface pour laisser la place à celui du public qui, comme un voyeur, s’impose dans l’intimité de ce couple mi-humain, mi-objet.
Sur certaines séances, Jérôme Bertin, créateur lumière pour le spectacle vivant a réalisé les éclairages. Là encore, Vernon et Louise se retrouvaient seuls pour les prises de vue, Jérôme quittant la pièce, seule la télécommande déclenchait l’immortalisation de cette captation d’instants.
Ecrivaine et animatrice d’atelier d’écriture, j’avais besoin d’accompagner ces images de mots, en laissant s’exprimer le personnage féminin du duo que j’étais en train de construire. En traçant les intentions que j'avais dans la tête lorsque je jouais avec Vernon, en partageant les phrases qui lui étaient adressées.
Par de courts fragments poétiques, Louise raconte son monde, cet espace de jeu dans lequel elle s’épanouit, dans lequel elle explore son intimité, son délire, l'amour qu'elle porte, projette, retraverse, avec sa poupée géante.

On se fera des promesses
Couchées sur le vent
Comme ça
Pour y croire
Sans le faire vraiment
Puis on se fera du mal
Au coucher du jour
Oubliant
Que l’on s’est crus
Capables d’amour
PROCESS
EXTRAITS
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Violence Habituelle
Du regard
De l’autre
Sur Soi
Du quotidien
Pauvre
Des attentes
Dociles
Je n’ai pas supporté
Que tu ne m’entendes pas



RETOUR SUR
Cette journée du 8 août 2022 allait bientôt se terminer sur La Chapelle Notre-Dame-des-Grâces dans le Tarn-et-Garonne.
J’avais accroché mon téléphone sur le rétroviseur de mon van Volkswagen. Je voulais garder une trace de cette rencontre, tout juste après t’avoir récupéré à Toulouse.
« Mannequin d’artiste centenaire », ainsi étais-tu présenté sur l’annonce en ligne. Le vendeur s’appelait Sylvain. Il t’avait hérité de sa tante, qui t’avait longtemps laissé sur une terrasse abritée face à un grand jardin et un chêne, centenaire, comme toi.
Dans l’ascenseur qui montait les six étages de l’immeuble où j’allais te retrouver, j’étais très émue. Devant le miroir, j’avais arrangé mes cheveux, comme pour un premier rendez-vous.
C’était curieux.
Lorsque que t’ai vu, nu et immobile, adossé à une pile de cartons, j’ai tout de suite compris. C’était toi que je cherchais. C’était avec toi que j’allais pouvoir raconter toutes les souffrances et tous les rêves de la relation d’amour.
Tu allais devenir Vernon. J’allais devenir Louise.
Cette relation allait devenir la nôtre. Et, peut-être, celle de tout le monde.
EN IMMERSION
L'exposition Vernon & Louise n'est pas un moment figé.
Si le lieu le permet, un espace reconstitué permet aux personnes venues voir l'exposition de s'essayer au processus créatif. Dans un salon cosy, Vernon est là, à disposition. Après une courte explication du fonctionnement de la télécommande reliée à l'appareil photographique, chacune, chacun est laissé libre avec Vernon pour vivre ce jeu de faire-semblant avec intimité. Les clichés réalisés sont ensuite sélectionnés et offerts aux partenaires successifs de Vernon.


NON EXCLUSIVITÉ ET CRÉATION PARTICIPATIVE



Vernon et Louise forment un couple artistique non exclusif.
Trois nouveaux mannequins d'artiste sont en attente de réparation.
Monique Liebert a été déjà accompagnée sur une séance improvisée avec Vernon.
Un appel à contribution est lancé pour toutes celles et ceux qui désireraient s'essayer à la création de nouveaux CardioDrames Poétiques.

VERNON & MONIQUE


Il me dit que je suis belle
Et ça me fait rêver


















